Arts et Métiers Cluny bizutage : ce qui a réellement changé après la fin de la PTV
La PTV a été supprimée en 2019, mettant fin aux rituels d’intégration à Cluny.
- Fin définitive annoncée le 17 janvier 2019.
- Motif : « dérives potentiellement dangereuses » constatées à Angers.
- Dérives survenues à l’automne 2017.
- La PTV encadrait la « période de transmission des valeurs ».
- Suppression = rupture avec des pratiques visant à « souder les promotions ».
- Le baptême traditionnel subsiste, distinct du bizutage.
Histoire et présentation du campus de Cluny
| Année clé | Événement campus | Chiffre associé |
|---|---|---|
| 1901 | Installation dans l’abbaye de Cluny | Plus d’un siècle d’histoire |
| Aujourd’hui | Effectif étudiant du campus | 1 000 étudiants |
| Affrontements | Durée des débordements entre élèves | 4 jours |
| 24 août 2026 | Campus Cluny devient sans tabac |
Le campus des Arts et Métiers de Cluny est installé dans l’abbaye de Cluny depuis 1901. Ce lieu chargé d’histoire accueille aujourd’hui environ 1 000 étudiants, ce qui en fait un pôle important de l’ENSAM (École nationale supérieure des Arts et Métiers) en Bourgogne.
Le campus s’est forgé une réputation solide dans plusieurs domaines techniques de pointe. Il est particulièrement reconnu pour son expertise en usinage à grande vitesse, en industrie du bois et en maquette numérique. Deux laboratoires y sont rattachés : le LaBoMaP et un laboratoire d’imagerie virtuelle, qui soutiennent la formation et la recherche appliquée.
Les élèves, appelés Gadz’arts, intègrent cette « grande famille » après un baptême traditionnel, dont une cérémonie est documentée par une photo d’archives datée du 22 novembre 2015. Ce baptême, distinct du bizutage, marque symboliquement l’entrée dans la communauté des anciens.
Le campus poursuit sa modernisation. Une halle en bois a récemment été dotée à l’ENSAM Cluny, renforçant les équipements dédiés aux métiers du bois. Par ailleurs, le campus deviendra sans tabac à compter du 24 août 2026, une mesure qui s’inscrit dans une politique de santé et de prévention.
Ce qui a changé : la fin de la PTV et des rituels d’intégration

La décision de 2019 et le contexte des dérives d’Angers
La fin définitive de la PTV a été annoncée le 17 janvier 2019. La direction des Arts et Métiers a motivé cette décision par des « dérives potentiellement dangereuses » constatées sur le campus d’Angers à l’automne 2017.
La PTV, pour « période de transmission des valeurs », encadrait jusqu’alors les rituels d’intégration. Sa suppression marque une rupture nette avec des pratiques longtemps présentées comme un moyen de « souder les promotions ».
La nouvelle période d’intégration co-élaborée
Le dispositif qui remplace la PTV repose sur une construction partagée. Comme l’explique Laurent Champaney, les méthodes sont désormais « employées en entreprise ».
- École, élèves et anciens co-construisent ensemble la nouvelle période d’intégration.
- Méthodes inspirées de l’entreprise remplacent les épreuves traditionnelles.
- Suppression des rituels traditionnels jugés à risque ou dégradants.
- Encadrement renforcé des baptêmes pour prévenir toute dérive.
Ces mesures s’inscrivent dans la continuité d’un encadrement renforcé engagé par le prédécesseur de la direction sur les trois dernières années. Le but affiché : préserver la cohésion des promotions sans recourir aux brimades.
Sanctions disciplinaires et rapports officiels sur le bizutage
Les faits de bizutage à Cluny ne sont pas restés sans réponse. Le conseil de discipline de l’école a prononcé des sanctions à l’unanimité, allant de l’avertissement jusqu’à six mois d’exclusion. Cette gradation montre que l’établissement dispose d’une échelle de réponses proportionnées aux actes reprochés.
L’école a par ailleurs été « une nouvelle fois pointée du doigt » après la divulgation de pratiques dénoncées comme du bizutage, notamment par France 3. Le ministère de l’Éducation a été informé chaque année de ces dérives, signe que le sujet reste surveillé de près.
À cela s’ajoutent des mesures d’encadrement prises sur les trois dernières années par le prédécesseur de la direction actuelle. Un rapport antérieur avait déjà dénoncé le bizutage dans les Arts et Métiers, confirmant que cette remise en question ne date pas d’hier.
Archives INA et vidéos historiques sur le bizutage à Cluny
L’INA conserve des pages éditoriales dédiées au phénomène, notamment une rubrique « Bizutage » de 362 mots et une page « Fin bizutage Arts et Métiers » de 405 mots. Ces fiches retracent la chronologie officielle et citent la décision de la direction de mettre un terme à la PTV.
Ces documents restent toutefois quasi vides : essentiellement de la navigation, sans vidéo historique accessible. Aucune archive filmée des rituels clunisois n’est donc consultable, ce qui limite la vérification visuelle des pratiques d’avant l’interdiction.
Pour un parent ou un futur étudiant, la ressource la plus fiable demeure les rapports officiels et les enquêtes de presse régionale, qui documentent les sanctions disciplinaires prises à l’unanimité, de l’avertissement jusqu’à six mois d’exclusion.
Dérives et dangers : pourquoi le bizutage est interdit
Le bizutage n’est pas une simple tradition folklorique : c’est une pratique pénalement réprimée, et les faits constatés dans certaines écoles d’ingénieurs ont fini par imposer un cadre strict. À Cluny comme ailleurs, la direction reconnaît que des dérives potentiellement dangereuses ont existé, ce qui a justifié l’arrêt des rituels les plus contestés.
- Vexations et humiliations signalées : des élèves contraints à des mises en scène dégradantes.
- Brimades et actes dégradants : des pratiques présentées comme rites d’initiation pour « souder les promotions ».
- Dérives potentiellement dangereuses : constat formulé par la direction elle-même.
- Pratiques illégales pénalement : le bizutage est un délit, pas un jeu entre étudiants.
Un point revient régulièrement : le ministère de l’Éducation est informé chaque année de ces pratiques. Le phénomène n’a donc rien d’anecdotique, et les critiques les plus dures dénoncent une véritable « école du caporalisme » plutôt qu’une simple intégration.
Pour les parents comme pour les futurs étudiants, la lecture est simple : ces débordements ont conduit à un encadrement renforcé, et les sanctions disciplinaires peuvent aller jusqu’à six mois d’exclusion. Le message est clair : l’intégration ne justifie aucun acte portant atteinte à la dignité ou à la sécurité d’un élève.
Témoignages d’anciens et regard sur l’usinage à Cluny
Difficile de trouver des témoignages d’anciens exploitables sur le bizutage lui-même : les Gadz’arts restent discrets sur leurs traditions. Le baptême, cérémonie symbolique photographiée le 22 novembre 2015, marquait l’entrée dans la « grande famille » des Arts et Métiers, bien loin des dérives dénoncées ailleurs.
Le campus de Cluny s’est surtout bâti une réputation sur son expertise en usinage à grande vitesse, adossée à deux laboratoires, LaBoMaP et le laboratoire d’imagerie virtuelle. Cette spécialité, comme l’industrie du bois ou la maquette numérique, constitue le vrai ciment des promotions.
Un contraste que résument bien les anciens eux-mêmes : la Halle en bois, récemment dotée, et les équipements de pointe comptent davantage dans leur parcours que les rituels d’intégration d’autrefois.
À découvrir aussi
Après les rituels d’intégration, place aux rendez-vous qui font vraiment vivre Cluny. Chaque mercredi soir de l’été, le marché nocturne s’installe dans le parc abbatial, face au clocher de l’abbaye, avec producteurs locaux et repas composés du potager à l’assiette.
Informations clés et contexte institutionnel
- Question sénatoriale de Philippe Marini (Oise, RPR), publiée le 13 novembre 1997 et répondue le 25 décembre 1997
- Ministère interrogé : Éducation nationale
- Fermeture annoncée des centres de Lille et Cluny en 1997, puis écartée
- Rentrée 2026-2027 : accueil des 1re année le lundi 31 août 2026 à 10h30
- Campus Sans Tabac à compter du 24 août 2026
- ENSAM : École nationale supérieure des Arts et Métiers
